Manger Local

Cinq façons de manger local

Traçabilité des produits: cinq façons de manger local

|Romain De Oliveira| 22/02/2013

Youphil.com vous présente cinq manières de renouer avec une consommation de proximité raisonnée.

Après les scandales de la viande de cheval retrouvée dans des plats cuisinés et les problèmes de traçabilité des produits qui en découlent, il paraît de plus en plus difficile de savoir ce que l’on trouve dans nos assiettes. Une solution parmi d’autres existe pourtant pour y voir plus clair dans ce que l’on mange: les circuits courts.

Ce mode de consommation alternatif a pour but de réduire les intermédiaires entre producteurs et consommateurs, de préférence en consommant des produits issus d’une agriculture locale.

1. Les Amap

Les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) existent depuis des années. Mais elles restent la référence incontournable dès qu’il s’agit d’évoquer les rapprochements entre producteurs et consommateurs.

Ces dernières connaissent même un certain regain d’intérêt. Selon le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, on compte aujourd’hui 1200 Amap dans l’hexagone. L’annuaire national des Amap propose d’ailleurs une liste, région par région.

2. La Ruche qui dit Oui

Réunir la plus grosse communauté possible de consommateurs autour de produits agricoles locaux et par Internet, c’est le principe de La Ruche qui dit oui! Surfant sur le concept des Amap et des paniers de fruits et légumes de saison, cette plateforme internet permet de créer un pont entre des internautes soucieux de consommer local et des agriculteurs désireux de vendre leur production au meilleur prix.

Cette entreprise sociale et solidaire a été fondée en 2010. Le concept est simple: amis, amis d’amis et voisins créent un rassemblement communautaire (une ruche) près de chez eux. Des producteurs situés dans un rayon de 250km autour de la ruche sont invités à prendre part au projet. Chaque semaine, les membres font leurs courses via la plateforme en fonction des produits proposés à la vente.

Contrairement aux Amap, où le principe est d’établir un contrat pour une ou deux saisons, les membres d’une ruche n’ont aucune obligation d’achat, ni d’abonnement. Fin décembre  2013, le site compte près de 320 ruches et 108 en construction.

3. Rendez-vous chez le producteur

La consommation en circuit court n’a de sens que si elle permet de réduire au maximum les intermédiaires. Mais le fait de rencontrer les producteurs reste très important pour créer du lien avec les consommateurs.

En octobre 2012 est né le tout premier “drive-fermier”. Ce projet porté par l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) réunit une vingtaine de producteurs de Gironde et leur permet de vendre directement leur production à la ferme. Les consommateurs passent commande via une plateforme internet avant de récupérer leurs produits dans des points de retrait.

Parfois, ce sont les produits qui viennent directement à vous. Comme avec l’association Marché sur l’eau, qui livre chaque mardi et samedi à Paris des produits locaux par bateau.

4. Consommer local… et favoriser l’insertion professionnelle

Favoriser l’agriculture locale c’est bien. Mais être solidaire, c’est mieux. Plusieurs associations mélangent ainsi ces deux dimensions et œuvrent pour l’insertion professionnelle par l’agriculture.

L’une des initiatives emblématiques de l’insertion par le travail de la terre reste le réseau des Jardins de Cocagne, créé au début des années 1990 par Jean-Guy Henckel. Le concept a rapidement essaimé et compte aujourd’hui près de 120 jardins en activité.

5. Cultiver soi-même

La meilleure façon de consommer en circuit court n’est-elle tout simplement pas de produire soi-même ce que l’on mange? L’idée peut faire sourire les citadins, mais même en ville des solutions existent.

La ville de Paris compte ainsi plus d’une cinquantaine de potagers partagés. Un carte permet d’ailleurs de repérer le jardin le plus proche de chez vous.

Mais dans le domaine du potager en pleine ville, d’autres initiatives plus radicales sont apparues récemment. L’une d’entre elles nous vient tout droit d’Angleterre. Le mouvement des « Incroyables comestibles » (Incredible Edible, en anglais) a pointé le bout de son nez en France en 2012. L’idée: inciter chacun à s’emparer de la moindre parcelle de verdure pour y faire pousser fruits et légumes à partager.

La consommation en circuit court est en pleine mutation et en pleine effervescence. Une étude de l’Agreste de janvier 2012 [pdf] rapporte qu’en France, un agriculteur sur cinq a déjà fait le choix de la vente en circuit court.

Selon une étude publiée en mars 2012 par l’institut d’études économiques Xerfi [pdf], les ventes en circuit court représentaient près de 1,5% de la consommation alimentaire en France en 2010, soit 2,5 milliards d’euros. En perpétuelle expansion, elles devraient frôler 2,8 milliards d’euros d’ici 2015.

Crédit photo: smith_cl9/Flickr

http://www.youphil.com/fr/article/06243-tracabilite-consommation-circuit-court-viande-cheval-agriculture?ypcli=ano